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Guillemette Schlegel


La curiosité n'est pas un défaut !
Ni l'envie de vous faire part, au gré de mon humeur et de l'actualité, des flashes d'images qui se sont imposés à moi. Répertoriés dans les dossiers de mon ordinateur ou la mémoire de mon appareil de photo, ils constituent
une manne prête à être exploitée.
La rue, une expo, un film, un salon, un voyage, un livre ou un article dans la presse seront le prétexte pour traiter d'un sujet simple ou plus complexe qui saura trouver, je l'espère, une résonance en vous.
  articles

je regarde autrement la mode et j'aime ça
l'important c'est le rose et j'aime ça
Je pédale à Amsterdam et j'aime ça
je brode un peu et j'aime ça
je dis chapeau et j'aime ça
Je suis en retard et j'aime ça
je m'arrête à Anvers et j'aime ça
j'atterris au Vietnam et j'aime ça
je m'indigne et j'aime ça
Je m’emballe pour Bruxelles et j’aime ça

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je m'indigne et j'aime ça
21.11.2011
Constat récent, les vieux font la une de la presse ! Pas étonnant : la vieillesse dure plus longtemps que la jeunesse !!! Stéphane Heissel, Edgar Morin, Susan Georges, Michel Rocard, nous livrent dans Clés, dans Rue 89 leurs enthousiasmes, leur acharnement au travail, à l’amour, au courage et …à l’indignation bien sûr. Ils nous confient la liberté retrouvée, leur acceptation de la mort, de ce qu’ils sont enfin, « leurs envies formidables », leur envie d’avoir toujours envie.
Mais avez-vous remarqué aussi l’incroyable commisération déployée autour des vieux ? Pas tout à fait autour des vieux, on s’en fiche des vieux, mais autour de leur quotidien d’autrefois. On s’arrache aux Puces les nappes en coton fileté fleuries, coucous, vaisselle en Arcopal, fauteuils années 50, bahuts Levitan ! On appelle même ses enfants Claudine, Colette, Marcel !
On se fait un tour d’après guerre à défaut de l’avoir eue, la guerre.
Voilà un bail que nous autres du style balançons à nos clients des tendances fleamarket, néo-vintage, 14 juillet et flonflons, revêtement formica et verre industriel. Des kilomètres de boards et power-points !
La mode pour les vieux d’aujourd’hui, les vrais vieux, ceux qui sirotent une gentiane au Café des Sports, qui s’inscrivent à la tombola, qui jouent au scrabble après le déjeuner, la mode des anciens profs de gym, employés de bureau, teinturiers, chefs de rayons, contremaîtres, ne nous intéresse pas. Avec une bonne conscience citoyenne, les mairies leur fournissent pour Noël des paniers alimentaires remplis de blocs de foie gras, de cerise à l’eau de vie, mais nous, qu’est-ce qu’on leur propose ? Quelle mode pour eux ? Pas ringarde, pas beige et bois de rose mais intelligente, ergonomique, moderne, adaptée à leur style de vie et à tous les prix ? qu’est-ce qu’on conçoit comme fauteuils, aux revêtements contemporains, pérennes, aux assises adaptables au temps qu’ils y passent assis à regarder par la fenêtre, bouquiner, se perdre dans leurs souvenirs ou dans rien ? Qu’est-ce qu’on leur offre comme chaussures modernes différentes de leurs richelieus cache-oignons ? Toute cette création ne vole pas bien haut. Moi je la trouve indigne pour une population de plus de 10 millions d’âmes en France.
Pourquoi notre mode ne serait-elle pas la leur aussi, à l’heure même où nous partageons en communautés virtuelles avec le monde entier nos idées, nos révoltes ou nos rêves ?
Ils sont nés en 1925, ils avaient 20 ans à la Libération, 45 ans en 1970…Pas si vieux, nos vieux, quand déboulait en mai une autre libération, que Polnareff montrait ses fesses, Jimmy Hendrycks pratiquait l’électrolingus, alors que nos chaussettes tirebouchonnaient sur nos mollets !
Plus experts que nous dans la marche du temps, plus intéressants à photographier car leurs rides sont des pages de lecture, ils n’ont pas échappé à l’objectif de très grands, comme Marc Trivier qui nous a livré des images d’équilibre précaire et bouleversant, entre la présence et l’absence. Plus drôles, ils revendiquent sans complexe des looks déjantés dans le blog « Advanced Style ». Plus nature, ils font l’objet de portraits cyniques dans la saga norvégienne Trilogie des Neshov d’Anne B. Ragde. Plus explosifs et irraisonnables, ils inspirent Jonas Jonasson dans « le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire ». Plus chics, ils peuvent être le prétexte à une belle créativité comme celle déployée par Jean-Paul Gaultier cet hiver. Plus belle la voix, éraillée et troublante de Jeanne Moreau ou celle, à l’aube de sa vieillesse de Marianne Faithfull.

Et pensons un peu à nous, quand sonnera l’heure de la retraite, de toute évidence pas avant 65, 67, 70 ans, si nous ne nous préparons pas, malgré nos crèmes préventives, à un peu plus de confort et de joliesse pour enchanter nos vieilles carcasses et nos belles amours…



 
 
Guillemette Schlegel, Directrice artistique
 
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